Lutte contre l’ambroisie

Qu’est ce que l’ambroisie

L'Ambroisie, une plante herbacée annuelle qui déclenche de nombreuses allergies

L’ambroisie à feuilles d’armoise, Ambrosia artemisiifolia, est une plante dont le pollen est particulièrement allergisant. Il suffit de quelques grains de pollen par mètre cube d'air pour que les symptômes apparaissent chez les sujets sensibles : rhinite survenant en août-septembre et associant écoulement nasal, conjonctivite, symptômes respiratoires tels que la trachéite, la toux, et parfois urticaire ou eczéma. Dans 50% des cas, l’allergie à l’ambroisie peut entraîner l’apparition de l’asthme ou provoquer son aggravation.

Certaines personnes développent également des réactions allergiques cutanées au contact de la plante, en particulier suite à la manipulation de la plante sans protection (arrachage, manipulation de plantes à mains nues).

La fréquence de l'allergie à l'ambroisie est importante : selon la zone, 6 à 12 % de la population exposée est allergique. L’ambroisie est aujourd’hui très présente en Rhône Alpes : une étude (www.ors-rhone-alpes.org) menée sur la région pour l’année 2008 a estimé à environ 140 000 le nombre de personnes concernées par cette allergie et à plus de 5,6 millions d’euros les dépenses de prise en charge des malades qui en souffrent (traitements antihistaminiques, arrêts-maladies,...). Les phénomènes d’allergie s’installent seulement après quelques années de contact avec le pollen.

Cette plante d’origine nord-américaine colonise peu à peu l’ensemble du territoire national, et des plants d’ambroisie sont désormais observés non seulement dans les régions limitrophes de Rhône-Alpes, mais également dans d’autres régions telles que l’Aquitaine, les Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, les Pays-de-la-Loire,...

L’Ambroisie, une annuelle à cycle de développement estival bien particulier

L’ambroisie à feuilles d’armoise est une espèce strictement annuelle, qui germe en avril-mai, fleurit entre fin juillet et octobre et produit ses semences à partir de fin août.
Les plantes fleurissent en fin d'été à des tailles très variables (10 cm à près de 2 m) selon les conditions pédo-climatiques et un pied peut produire jusqu'à plus de 5000 graines.

C’est une plante pionnière qui s’établit facilement dans des habitats dénudés ou à végétation clairsemée. En milieu naturel, elle va coloniser les sols dénudés du lit des cours d’eau, représentant des surfaces importantes lorsque leur régime est torrentiel comme dans le cas de la Drôme ou du Gardon.
Les activités humaines, en générant des perturbations du couvert végétal tels le labour ou les travaux de terrassement, favorisent ce type de plante. L’ambroisie bénéficie également de sa capacité à croître en plein été, dans des conditions relativement sèches, lorsque d’autres plantes herbacées ont déjà fleuri et fructifié.

Dans les cultures, ce cycle estival peut permettre la croissance des plantes dans les chaumes des céréales à paille, après la récolte. C’est cependant dans les cultures de printemps et en particulier de tournesol, qui appartient comme l’ambroisie à la famille des astéracées, que la plante peut connaître les développements les plus spectaculaires. Dans ce cas, des pratiques de désherbage mal maîtrisées du fait de la « proximité botanique » des deux plantes peuvent dans certains cas favoriser l’installation de populations vigoureuses d’ambroisie dans les champs de tournesol et installer un stock de semences conséquent dans les sols.
Les jachères peuvent être concernées par l’ambroisie surtout l’année de leur implantation ou si leur utilisation ne permet pas le broyage en cours d’été, comme c’est le cas pour les jachères fleuries.

L'Ambroisie, une adventice dont la dissémination est favorisée par les activités humaines

La maturité des semences d’ambroisie coïncide avec le moment de la récolte des cultures de printemps. Les engins de récolte peuvent donc favoriser la diffusion de la plante et dans le cas par exemple des récoltes de graines de tournesol destinées à l'alimentation des oiseaux, des semences d'ambroisie peuvent être mélangées et entraîner l’apparition de petites populations d’ambroisie dans les jardins particuliers et les espaces verts.

De façon plus classique, les transports volontaires ou fortuits de sols ou de granulats fins sont un vecteur majeur dans la dissémination de la plante.

L'Ambroisie, une plante aisée à reconnaître

Les fleurs sont verdâtres, en épis terminaux étroits, allongés, disposés en panicule. Les fleurs mâles qui sont en capitules penchés de 4-5 mm sont les plus visibles et forment la partie haute de l'épi.

Crédit photos : POLLEN-AZUR MULTIMEDIA /Jacques THOMAS, www.ambroisie.info

Plus de détails : www.ambroisie.info / www.tela-botanica.org

Si au stade de jeune plantule, l'ambroisie peut être confondue avec diverses plantes présentant des premières feuilles divisées, la confusion avec d'autres plantes avant la floraison est aisée à éviter. Les armoises ont un aspect proche mais dégagent une odeur marquée lors du froissement des feuilles. L'armoise annuelle (Artemisia annua) présente des feuilles vertes des deux côtés, mais une odeur agréable, alors que d'autres armoises telle l'armoise commune (Artemisia vulgaris) ou l'armoise des frères Verlot (Artemisia verlotiurum), ont des feuilles moins finement découpées et au dessous blanchâtre.

Détails : www.ambroisie.info / www.ambroisie.info (pages 10 à 16).

L'Ambroisie, une plante à éliminer au cours de l’été

Pour éviter la production de pollen et limiter la reproduction et l’expansion de la plante, il est nécessaire de détruire l'ambroisie.

La période préalable à la floraison est un moment clé pour éviter ou limiter l'installation des plantes.
Il s'agit à la fois de limiter la production de pollen, mais également d'éviter l'installation de stocks de semences dans les sols, en particulier dans les régions où l'ambroisie est encore peut répandue. La durée de vie des graines dans les sols étant très élevée ( bien plus de 10 ans), il faut intervenir au plus vite après la détection de nouveaux peuplements pour empêcher la production de semences.

La destruction de l'ambroisie avant la formation des semences en septembre est un bon moyen de freiner efficacement l'expansion de cette plante exotique envahissante.

Le Ministère en charge de la Santé attire l'attention de la population sur le risque que représente l'ambroisie et le développement de sa présence en France.

Lutte contre l’Ambroisie en Pays Ruffécois

Présente depuis plusieurs décennies sur notre territoire, l’ambroisie est une espèce végétale de la famille des astéracées d’origine américaine considerée comme invasive, qui a connu un fort développement depuis une quinzaine d’années. Cette plante exotique colonise peu à peu le territoire de la région Poitou-Charentes et engendre des effets néfastes sur la santé, la production agricole et sur la biodiversité.

Téléchargez la plaquette de présentation de l'Ambroisie (format pdf), réalisée par l'association Poitou-Charentes Nature.

Globalement, deux foyers d’ambroisie ont été détectés d’après une enquête réalisée en 2009 par l’association Poitou-Charentes Nature : un foyer situé sur Angoulême et un autre dans le centre du Poitou sur les pays Mellois et Ruffécois.

Après de nombreuses initiatives locales d'acteurs issus du monde agricole ou d'associations de protection de l'environnement, le Pays Ruffécois a choisi de s'engager dans une démarche opérationnelle co-pilotée par l'association Poitou-Charentes Nature, la FREDON Poitou-Charentes et l'Agence Régionale de Santé (ARS) afin d'établir un plan d'action pour la gestion du foyer d'ambroisie sur son territoire.

Ce projet, co-financé par le Syndicat de Pays du Ruffécois dans le cadre de son Contrat Régional de Développement Durable (CRDD) signé avec la Région Poitou-Charentes et son programme LEADER (Europe), par l'ARS (Agence Régionale de Santé) et par la FREDON Poitou-Charentes, réunit différents partenaires locaux comme le Conseil Général de la Charentel’ATMO Poitou-Charentes, la Chambre d’Agriculture de Charente, le CETIOM, l’association Poitou-Charentes Nature, les coopératives agricoles, l'Agence Départementale d'Aménagement (ADA) d' Aigre, le SIAEP de Saint-Fraigne, ...

L’enjeu n’est pas d’éradiquer l’Ambroisie mais bien d’en atténuer la prolifération et ses effets néfastes évoqués précédemment. Il s’agit d’intervenir suffisamment tôt pour éviter de connaître la situation rencontrée aujourd’hui en Rhône-Alpes où d’importants moyens humains sont nécessaires pour gérer les foyers (500 personnes étaient mobilisées sur le terrain en 2007 dans le seul département du Rhône). A travers la constitution d’une cellule d’action locale au plus près du terrain, la démarche générale consiste à élaborer une stratégie pluriannuelle et à la décliner très rapidement en actions concrètes (exemples : sensibilisation du public, démonstrations-pilote et formations auprès des agriculteurs et techniciens de collectivités, mise en œuvre d’un chantier d’insertion, etc.).

Une préoccupation sanitaire, agronomique et écologique

Les premières observations de cette espèce en Poitou-Charentes remontent aux années 1920. Peu développée, son extension s’accentue depuis quelques années et devient aujourd’hui préoccupante. Le changement des pratiques agricoles en est vraisemblablement la cause principale, avec la forte progression des cultures sèches (tournesol…).

- D’un point de vue sanitaire : le pollen d’ambroisie (août/septembre) est un allergène très puissant qui affecte 12% de la population en Rhône-Alpes où un foyer très important est présent. Les effets se traduisent par des conjonctivites, rhinites, eczémas, asthme, etc. et pouvant dans les cas les plus graves aboutir à une hospitalisation. En Charente, bien que les effets ne soient pas encore constatés (du fait d’un temps de sensibilisation), les teneurs en pollen mesurées ces dernières années augmentent significativement (110 graines de pollen /m3 atteint à Angoulême en 2009 - voir la courbe pollinique) ce qui se traduira rapidement par l’observation des premiers symptômes.

- D’un point de vue agronomique et économique, l’infestation actuelle des parcelles (tournesol en particulier) peut conduire à une non-récolte de la culture. Les méthodes de lutte restent à ce jour peu adaptées et l’ambroisie peut mettre en péril des systèmes d’exploitation agricoles du territoire (polyculture).

- D'un point de vue environnemental, l'ambroisie est une espèce qui apprécie pleinement les sols nus.
De part son fort pouvoir colonisateur, elle rentre en concurrence avec les espèces pionnières, ce qui engendre une baisse de la biodiversité. Le problème peut se poser notamment dans les zones naturelles ouvertes, où les espèces sont la base de la richesse floristique.

D'après les premiers relevés de terrains réalisés par différents acteurs (travaux incomplets), une centaine de communes sont aujourd'hui infestées par l'Ambroisie avec deux foyers majeurs : un dans le centre du Poitou (Nord Ruffécois et Mellois) et un à l'est d'Angoulême (Sud Ruffécois).