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L' économie en Ruffécois

L’économie en Pays Ruffécois

Un territoire à plusieurs visages en termes de dynamisme démographique

Avec une population de 35 990 habitants et une densité de peuplement de 36 hab./km2 (contre 57 hab./km2 pour le département et 63 hab./km2 pour la Région Poitou-Charentes), le Pays du Ruffécois fait partie des espaces à dominante rurale. Il représente ainsi 1/6ème du territoire charentais et accueille seulement 10% de la population (source : Estimations 2005 INSEE).

Cette moyenne cache pourtant des contrastes saisissants dus aux évolutions démographiques des dernières décennies :

Au vu des observations réalisées et de la carte ci-dessus, le Ruffécois offre trois principaux visages en termes de développement démographique mais aussi économique :

- un pôle d’emploi de l’espace rural au Nord avec Ruffec qui est la seule commune à pouvoir être qualifiée d’urbaine au sens de l’INSEE (communes comprenant plus de 2 000 habitants) puisqu’elle atteignait en 1999 le nombre de 3 616 habitants. Ruffec fait preuve depuis quelques années d’un certain dynamisme, notamment économique qui la classe dans les pôles d’emploi de l’espace rural loin devant les communes de Mansle, Vars, Nanteuil en Vallée, Aigre, Saint-Amant-de-Boixe et Villefagnan qui comptent entre 1 000 et 2 000 habitants. Au total, seulement 33 % de la population résident dans des communes de plus de  1 000 habitants.

- une logique périurbaine au Sud avec la seconde couronne de l’agglomération d’Angoulême. Le Sud a ainsi su tirer profit du phénomène de périurbanisation et développer une très large fonction résidentielle. En effet, la RN 10, qui traverse le Ruffécois du Nord au Sud, a permis de réduire considérablement les temps de trajet. Cette tendance caractérisée dans la carte ci-dessus s’est accentuée depuis 1999 et a gagné du terrain sur le centre du Pays.

- des franges Est et Ouest du territoire touchées par une faible densité (moins de 25 hab./km²) qui pâtissent du développement résidentiel dans les communes situées sur l’axe de la RN 10 et de l’exode agricole.

Une économie de plus en plus tertiaire qui se développe autour des axes  structurants

Bien que la population active ait légèrement augmenté entre 1982 et 1999, elle reste en deçà des moyennes départementales et régionales. Le taux d’activité de la population est de 39,8 % contre 44,2 % pour la Charente, ceci s’expliquant en grande partie par la part importante de personnes âgées donc de retraités sur le territoire.

Les cartes ci-dessus montrent clairement le phénomène de tertiarisation de l’économie du Ruffécois sur les vingt-cinq dernières années.

La diminution du nombre d’agriculteurs et d’ouvriers au profit du nombre de cadres, employés et professions intermédiaires s’est très nettement faite sentir sur la quasi-totalité des communes qui sont passées d’une dominante d’emplois agricoles à une dominante d’emplois tertiaires.
Cette tendance se confirme par le nombre d’entreprises de services qui, de 1998 à 2003, a très fortement augmenté (+17,3 % contre +15,1 % pour l’ensemble du monde rural) et par les emplois liés aux services qui ont vu leur nombre augmenter de façon remarquable (+23,7 % contre +14,1 % pour l’ensemble du monde rural).

En ce qui concerne les pôles d’emploi, l’attractivité s’exerce essentiellement sur deux (Ruffec, Mansle) des cinq pôles d’emploi que compte le Pays (Ruffec, Aigre, Mansle, Saint-Amant-de-Boixe, Anais-Vars).

Si, au Nord du Pays, Ruffec rayonne sur le Sud Deux-Sèvres et le Sud Vienne, au Sud du Pays, le pôle d’emploi d’Angoulême attire une majeure partie de la population.

L’artisanat, le commerce et les services moteurs de l’économie Ruffécoise

On assiste à un phénomène de tertiarisation de l’économie ruffécoise puisque le nombre d’entreprises de services a très fortement augmenté de 1998 à 2003 (+17,3 % contre +15,1 % pour l’ensemble du monde rural) ainsi que les emplois liés aux services (+23,7 % contre +14,1 % pour l’ensemble du monde rural).En 2008, on compte 661 entreprises inscrites au Répertoire des Métiers  au sein desquelles le bâtiment est très fortement représenté :
  2006 2007 2008
Alimentation 73 75 74
Fabrication 138 140 140
Bâtiment 291 290 279
Transport, réparation, autres services 171 173 168
TOTAL 673 678 661
On note une forte proportion de chefs d’entreprise âgés de plus de 50 ans (36,60 %) et de 40 à 50 ans (37,03 %). Les moins de 40 ans étant beaucoup moins représentés (26,37 %). La question de la transmission-reprise est donc omniprésente et devrait s’avérer cruciale dans les années à venir.Les femmes sont sous représentées avec seulement 120 femmes contre 574 hommes. Cette différence peut s’expliquer par la forte représentation des secteurs de la fabrication et du bâtiment.Le nombre d’entreprises inscrites au Registre du Commerce et des Sociétés ne cesse d’augmenter depuis plusieurs années pour atteindre en 2009 1 116 entreprises dont les ¾ sont issues du commerce et des services :
  2006 2007 2008 2009
Commerce 340 383 439 444
Industrie 184 219 220 258
Services 303 354 369 414
TOTAL 827 956 1 028 1 116

 

Une étude prospective menée en 2008 par le cabinet Obsand pour la Chambre de Commerce et d’Industrie sur le commerce en Charente à l’horizon 2015 montre que la densité commerciale sur le Ruffécois est plus importante que la moyenne nationale. La qualité des commerces y est bonne.

L’économie et la démographie se sont développées inégalement sur le territoire du Ruffécois. Ainsi, la RN10 joue un rôle de catalyseur en tant que voie de communication. On y trouve ainsi 2 des 5 chefs-lieux de canton moteurs en matière économique (Mansle et Ruffec), Ruffec représentant le troisième pôle commercial de la Charente. Dans une moindre mesure, Aigre polarise l’activité commerciale à l’Ouest du territoire.

Les dynamiques de création/reprise et radiations

Sur les 3 dernières années (2007-2009), le rythme de création d’entreprises est en nette baisse dans les services et le commerce. L’industrie est stable mais a connu un fort ralentissement en 2008 puis un regain en 2009.

Sur cette même période, la reprise d’entreprises est stable pour l’industrie et les services mais est en forte baisse pour le commerce.

En ce qui concerne les radiations d’entreprises, elles sont en augmentation dans le commerce et stables dans les services et l’industrie.

Au total, le nombre de créations-reprises reste plus élevé que le nombre de radiations.

En ce qui concerne les effectifs salariés 3 secteurs se distinguent :

- Chimie, caoutchouc, plastiques : Cinq Mc à Mansle qui emploie entre 100 à 199 salariés,
- Industrie des équipements mécaniques : Technor SNRI à Ruffec emploie 100 à 199 salariés,
- Transport/logistique : la SCACHAP à Ruffec récence entre 250 à 499 salariés, ITM Logistique international à Anais qui dispose de son siège hors région emploie 100 à 199 salariés et ouverture prochaine d’une base Lidl à vars. 

L’agriculture en Pays Ruffécois

Des sols propices à une agriculture intensive

Le Pays du Ruffécois présente une topographie relativement plane (entre 80 et 120 mètres d’altitude) entrecoupée de quelques reliefs :

- des plateaux faiblement ondulés au Nord et Nord-Est,
- des basses plaines principalement situées à l’Ouest du Pays,
- des vallées (vallée de la Charente orientée Nord-Sud et les vallées des affluents de la Charente orientées Est-Ouest).

C’est en partie cette topographie plane qui a favorisé l’extension d’une culture mécanisée. Cette mécanisation a également été encouragée par la nature même des sols qui sont favorables à l’agriculture. En effet, 70 à 75 % de la surface du Pays sont recouverts de terres de groies qui sont des terres faciles à travailler, ce qui explique le développement des cultures céréalières sur l’ensemble du territoire. Leur grande sensibilité à la sécheresse pousse les agriculteurs à pratiquer une irrigation relativement intensive afin d’assurer des rendements de cultures suffisants. Les « terres à châtaigniers » et les « terres rouges » sont plus propices à l’élevage car plus difficiles à travailler. Elles sont localisées au Nord.

Une agriculture omniprésente marquée par les grandes cultures céréalières

L’agriculture sur le territoire du Pays Ruffécois est très présente, 21 % des actifs travaillant dans ce secteur. La Superficie Agricole Utile représente plus de 70 % de la surface du Pays. La superficie moyenne par exploitation n’ayant cessé d’augmenter au cours des 20 dernières années, elle atteint en 2 000, 51 hectares et est largement supérieure à la moyenne départementale (43 ha/exploitation). De plus, le nombre d’exploitations de plus de 100 ha lui aussi n’a cessé de croître pour représenter 18 % des exploitations en 2000 (ces données proviennent du recensement général agricole 2000).

 

Une agriculture menacée pour laquelle la diversification agricole peut constituer une opportunité

La conjoncture et la politique agricole ont longtemps encouragé le productivisme et la spécialisation des productions. Le Ruffécois n’a pas échappé à la règle et a vu se développer les grandes cultures (cf. partie 2.4.2). Depuis plus de 20 ans, le nombre d’exploitations chute (- 46 % d’exploitations de 1979 à 2000 – Source : Recensement général agricole 2000) . L’abandon de l’activité agricole et notamment de l’élevage aurait sur le territoire des conséquences variées :

- économiques  avec la perte de valeur ajoutée,
- environnementales avec l’abandon des parcelles les moins intéressantes et le développement des cultures céréalières au détriment des prairies et du paysage.

Ces conséquences Ces conséquences néfastes alliées aux perspectives des marchés et de la politique agricole obligent certains agriculteurs à chercher d’autres sources de revenus et à modifier leurs méthodes de travail. La diversification peut ainsi être un moyen de pallier l’agrandissement d’autant plus que ce peut-être une production pouvant être développée facilement avec de faibles coûts. L’entrée en diversification est bien souvent motivée par un besoin de revenus sans possibilité d’augmenter les moyens de productions classiques et constitue un atelier secondaire pour l’exploitation. Ainsi, les activités de prestations de services de loisirs et de tourisme sont pour beaucoup d’exploitations le moyen de restaurer et de mettre en valeur le patrimoine de l’exploitation, d’où le nombre important de gîtes ruraux et de chambres d’hôtes ou la production avec la vente directe.